La rencontre avec l’ACFN

« En 1992, au cours d’une tournée dans les villages, j’ai rencontré Colette qui m’a proposé de reprendre des études et de préparer l’examen de CMA (Community Medical Asssistant). Après 18 mois d’études, je ne suis pas retenu à l’examen d’entrée au National Medical Collège de Birgung. Je prends alors contact avec un Campus de médecine à Tikapur dans le district très éloigné de Kailali. 80 places sont offertes mais nous sommes 600 à passer le concours d’entrée. Par crainte de perdre mon travail à RHDC, je ne parle pas de l’examen. Trois mois plus tard, j’apprends que je suis reçu, 3ème sur 80 étudiants. RHDC refuse d’abord ma démission car j’étais responsable de 4 VDC, puis accepte.

En 1995, je pars avec peu d’argent étudier à Tikapur, situé à la frontière de l’Inde, 22 heures de bus depuis Kathmandu. Je suis revenu seulement une fois chez moi. Ma fille Laxmi avait 2 ans et Chosang était enceinte de 2 mois de Bhumi Raj, la séparation a été difficile, mais nous avons gardé espoir.

Après ma formation, je veux travailler dans mon village et décide d’ouvrir une petite pharmacie à Tawal. Personne n’a confiance dans les médicaments : quand les bouddhistes sont malades, ils font venir les Lamas et les chrétiens eux lisent la bible !

Pendant 3 ans, je visite les malades après le passage des lamas ou des pasteurs et je leur propose mes médicaments. Je reste aussi volontaire au 1er dispensaire de l’ACFN à Salleri

En 1999, les travaux du nouveau dispensaire de Gamrang commencent et je travaille sur les plans du bâtiment. Des maçons et des charpentiers venus du Khumbu ont appris aux villageois à tailler les pierres et à poser des fenêtres pour faire une belle construction.

En avril 2001, je commence à travailler au Ganesh Himal Health Center et c’est ainsi depuis 14 ans. Au début, mon travail a été un peu difficile : j’avais seulement un « piun » pour m’aider et faire le nettoyage. Du matin au soir je travaillais et soignais entre 50 et 70 patients par jour. J’étais tellement heureux que je ne sentais pas la fatigue, les gens avaient confiance en mon travail. Aujourd’hui ma tâche est facilitée, je suis aidé et dispose de bons médicaments.

Grâce à l’ACFN Avignon, le Rotary de Menton, l’association de Simone didi et NAMASTE Monaco, un bâtiment supplémentaire, des panneaux solaires et un incinérateur ont été installés. Le dispensaire compte 7 salles et à l’extérieur, 3 toilettes et une douche. On peut aussi soigner les dents et les yeux avec du matériel apporté par des médecins.

Ma vie a aussi été transformée avec l’installation d’un logement où je peux vivre avec Chosang. Nos enfants ont grandi et étudient maintenant à Kathmandu. »

Aujourd’hui, Raju voit près de 6000 patients par an.

Propos recueillis par Colette Greves